24.02.2007

Officiel : on va voter

Vous connaissez mon goût pour les textes de loi, développé jusqu'à l'année dernière en Fac, depuis dans le cadre de mes activités professionnelles. Voici le Décret sans lequel l'élection Présidentielle n'aurait pu avoir lieu :

Décret n° 2007-227 du 21 février 2007 portant convocation des électeurs pour l'élection du Président de la République

Le Président de la République,
Sur le rapport du Premier ministre, du ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire, du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'outre-mer,

Vu la Constitution, et notamment ses articles 6 et 7 ;
Vu les articles 30 et 46 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 modifiée portant loi organique sur le Conseil constitutionnel ;
Vu la loi n° 62-1292 du 6 novembre 1962 modifiée relative à l'élection du Président de la République au suffrage universel ;
Vu la loi organique n° 76-97 du 31 janvier 1976 modifiée relative aux listes électorales consulaires et au vote des Français établis hors de France pour l'élection du Président de la République ;
Vu le code électoral ;
Vu le décret n° 2001-213 du 8 mars 2001 modifié portant application de la loi n° 62-1292 du 6 novembre 1962 susvisée ;
Vu le décret n° 2005-1613 du 22 décembre 2005 modifié portant application de la loi organique n° 76-97 du 31 janvier 1976 susvisée ;

Le Conseil constitutionnel consulté ;
Le conseil des ministres entendu,

Décrète :


Article 1

Les électeurs sont convoqués le dimanche 22 avril 2007 en vue de procéder à l'élection du Président de la République.

Par dérogation aux dispositions de l'alinéa précédent, les électeurs sont convoqués le samedi 21 avril 2007 en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, en Polynésie française, à Saint-Pierre-et-Miquelon et dans les bureaux de vote ouverts par les ambassades et postes consulaires situés sur le continent américain.

Article 2

L'élection aura lieu sur les listes électorales et sur les listes électorales consulaires arrêtées au 28 février 2007, sans préjudice de l'application des articles L. 11-2, L. 30 à L. 40, R. 17-2 et R. 18 du code électoral et de l'article 9 de la loi organique du 31 janvier 1976 susvisée.

Article 3

Le scrutin sera ouvert à 8 heures et clos à 18 heures. Toutefois, pour faciliter aux électeurs l'exercice de leur droit de vote, les représentants de l'Etat dans les départements, à Mayotte, en Polynésie française, à Saint-Pierre-et-Miquelon, dans les îles Wallis et Futuna et en Nouvelle-Calédonie pourront prendre des arrêtés à l'effet d'avancer ou de retarder, dans certaines communes ou circonscriptions administratives, l'heure d'ouverture ou de fermeture du scrutin. Le ministre des affaires étrangères aura la faculté de faire de même pour certains bureaux de vote ouverts par les ambassades et postes consulaires. En aucun cas le scrutin ne pourra être clos après 20 heures. Ces arrêtés seront publiés et affichés dans chaque commune, circonscription administrative, ambassade ou poste consulaire intéressé cinq jours au moins avant le jour du scrutin.

Article 4

Le second tour de scrutin, s'il est nécessaire d'y procéder, aura lieu selon les mêmes modalités le dimanche 6 mai 2007.

Par dérogation aux dispositions de l'alinéa précédent, le second tour de scrutin sera organisé le samedi 5 mai 2007 selon les mêmes modalités en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, en Polynésie française, à Saint-Pierre-et-Miquelon et dans les bureaux de vote ouverts par les ambassades et postes consulaires situés sur le continent américain.

Article 5

Le Premier ministre, le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire, le ministre des affaires étrangères et le ministre de l'outre-mer sont responsables, chacun en ce qui le concerne, de l'application du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 21 février 2007.

Jacques Chirac

Par le Président de la République :
Le Premier ministre,
Dominique de Villepin

Le ministre d'Etat,
ministre de l'intérieur
et de l'aménagement du territoire,
Nicolas Sarkozy

Le ministre des affaires étrangères,
Philippe Douste-Blazy

Le ministre de l'outre-mer,
François Baroin


Peu de trouvailles, voire d'intéret dans ce Décret, si ce n'est que je ne savais pas qu'une élection devait faire l'objet d'un acte du Président de la République pour qu'elle ait lieu (et si il veut pas, hein ?).
Et que les prolongations de scrutin, jusqu'à 20 heures traditionnellement, étaient du ressort du Préfet.

Ca n'a rien à voir, mais félicitations à celui qui est arrivé ici en tapant "frequence vhf quebec", vraiment.
Les moteurs de recherche ont leurs raisons que la raison ne connait pas...

Commentaires

étonnant en effet....

Ecrit par : luitne | 24.02.2007

oui et si le président ne voulait pas qu'en serait il en effet?

Ecrit par : mae | 25.02.2007

Tu découvres la notion de décret d'application ?

Aucune loi, même dûment votée par le parlement, n'est promulguée tant que le décret d'application n'est pas signé par le président et qu'elle n'est pas parue au journal officiel.

Tout dépositaire ou délégataire d'un pouvoir est par définition en capacité de mésuser de ce pouvoir.

Une fois que cette catastrophe potentielle est mise en évidence, on fait quoi ? On renonce à toute forme de pouvoir ?

Ca existe déjà, on appelle ça l'anarchie. Certains considèrent que ça peut marcher.

Ecrit par : quintescent | 25.02.2007

Quinté : merci, ça me rappelle mon cours de Droit Constitutionnel de 1 ere année...
En fait, je m'attendais plus à ce que la décision de convoquer les électeurs vienne de l'Administration elle même et non du politique qui remet sa situation en jeu (au contraire de l'administration, neutre par statut - je ne parle pas des Hauts Fonctionnaires)
D'ou la question de Maé : Quid d'un Président qui ne voudrait pas ?

Et petit bémol : Les lois sont promulguées avant leurs décrets d'application... je vois mal un decret d'application d'une loi sortir au JO (et de ce fait entrer en vigueur)alors que la Loi en vertu de laquelle il est pris, à laquelle il doit faire réference, et dont il est censé donner les mesures "détaillées" d'application n'existe pas juridiquement...

Plus d'infos ici : www.conseil-constitutionnel.fr/dossier/quarante/notes/parcours.htm

Ecrit par : charivari | 25.02.2007

Le président n'est pas neutre par statut ?
Comment fait-il alors pour assumer son rôle de garant de la constitution ?

Ecrit par : quintescent | 25.02.2007

Le Président n'est pas le seul à veiller au respect de la Constitution. Et il a aujourd'hui davantage le rôle d'un Capitaine que d'un Arbitre (rôle qui ne devrait que s'accentuer après les élections quelque en soit le sortant)

Ecrit par : charivari | 25.02.2007

Les commentaires sont fermés.