22.01.2007
Peine
[...] En mourrant, l'Abbé Pierre nous laisse un message. C'est comme s'il nous disait :
J'ai commencé mon combat pour que des Hommes ne couchent plus dans la rue pendant l'hiver 54 et 52 ans plus tard, j'ai vu toutes ces tentes, près du Canal Saint Martin, j'ai entendu Chirac faire croire aux SDF qu'il avait pris des mesures pour résoudre le problème afin que plus personne ne dorme dehors. Ca fait 52 ans qu'ils me font les mêmes promesses sans les tenir, et ils ont encore cru Chirac... Ah les cons! Tiens, dégouté par tant de cynisme et de démagogie, je préfère mourir...
L'Abbé Pierre venait sans doute de prendre conscience que les Politiques se sont moqués de lui pendant près d'un demi-siècle.
On a fait de lui un personnage pittoresque, l'ami des français que les animateurs de talk show invitaient à la télé en disant "C'est un bon client" comme ils le disent de Geneviève de Fontenay ou de Fabrice Luchini. Et, de fait, l'Abbé, les larmes aux yeux, se lançait dans ses diatribes et, en régie, le réalisateur demandait au caméraman : "Michel, fais un gros plan sur les yeux du vieux, il va pas tarder à chialer".
52 ans de combat pour arriver à cet hiver 2006 et aux enfants de Don Quichotte. Si j'étais un de ces hommes politiques au pouvoir pendant ces 52 ans, j'aurais honte [...]
Guy CARLIER

Ca y est. On en est sûr. L'Abbé est parti. Il y aura toujours des SDF à la rue.
Icône.
Espoir, pour certains.
Excuse pour beaucoup (à l'image de ceux qui refusent l'obole au pauvre en arguant "Je paye des impôts") il est parti au moment où le Parlement s'apprète à voter une loi placebo sur l'accès au logement. Alors que les dernières tentes lèvent le camp, un peu partout, au bord des canaux.
Il ne pouvait être plus parfait pour s'inscrire dans la conclusion d'un de leurs temps médiatiques.
Maintenant, par pitié, silence.
Laissons les, hypocrites et opportunistes, finir de s'autocélébrer autour de la mort de celui qui, toujours à son corps défendant, jamais pour son propre intéret, leur a tant servi d'alibi.
Faire leurs émissions spéciales.
Leurs discours enflammés.
Mais ne leur laissons pas le plaisir de nous voir les admirer gesticuler autour du vide béant laissé par leur inaction.
19:25 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


Commentaires
hélas, je fais à peu près le même constat....
Ecrit par : passagère | 22.01.2007
Une belle note, que dire de plus?
Ecrit par : luitne | 24.01.2007
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