23.12.2006
Jeune vieux con, va ...
… ou déduction des réflexions menées après la mort d’un collégien à Meaux, et l’agression d’un autre au Mans (dans le coma) : comment démontrer que tout va pour le mieux en le meilleur des mondes, en ces jours féeriques.
A quelques jours de Noël, en cette période d'insouciance, je me surprends à être en total décalage avec la "jeunesse", cette génération avec laquelle je n’ai qu’une dizaine d’années d’écart. J'ai vu arriver en l'évolution télévisuelle, la genèse d’un système, le remplissage de vide de milliers de conscience en l’émission du Loft. Or, ce qui paraissait avilissant pour l’homme, ce qui semblait comme une diminution sensible du « niveau » de « l’offre » devient aujourd’hui la normalité. Où d’aucuns jurèrent qu’on ne les y prendraient pas s’y plongent aujourd’hui sans vergogne à cœur joie, en redemandant, tenant haut et fort l’alibi du changement de génération, d’époque pour excuse.
L’école, l’éducation, en elle-même a également évoluée depuis mon départ de ses bancs, quelques années en arrière. J’évoque les deux ensemble volontairement, tant ma petite expérience en ce milieu m’a montré combien il était d’ores et déjà difficile de les dissocier. Comme l’impression que l’on prend davantage en compte la notion d’individu, de personne, qu’est l’enfant, le collégien, et que, ce faisant, par l’individualisation de la chose, on oublie le collectif, le groupe social et les règles qui en permettent le bon fonctionnement . L’impression que la revendication de laisser place à l’enfant va de pair aujourd’hui avec la considération parfois inconsciente que l’enfant est un adulte, et qu’il faut le considérer comme tel. Ces minis adultes, derrière leurs apparences, me semblent vides. Peu cherchent véritablement à s’élever. Là ou ils devraient écouter, apprendre, et s’enrichir avec la complicité de leurs aînés, beaucoup revendiquent d'abord et avant tout leur place, sans véritable fondement.
Au final, les rapports entre eux et autour d’eux me paraissent plus violents. Parce qu’ils ne disposent pas de contenus solides qui pourraient les amener à progresser avec leurs aînés, dans un échange réciproquement structurant et constructif. Parce qu’entre eux, la mise en avant constante par l’éducation reçue de la prédominance de leur personne et l’absence de repères, voire de conscience construite pour certains, les empêchent de s’exprimer autrement qu’en écrasant leur rival par la violence. Avec, cette fois, l’assentiment schizophrène coupable de parents qui, tout en demandant à l’école de jouer un rôle qui n’est pas le sien, l’ont conduit à affaiblir ses exigences tant de fonds (connaissances et contrôle de ces dernières) que de forme (respect et discipline comportementale). A ce titre, entre autres, l’apparition de la note de vie scolaire marque une double capitulation irréversible : celle de l’école, incapable, face à l’augmentation des exigences qu’on lui attribue en l’espèce (qu’elle n’a ni les moyens, ni la vocation de remplir) de n’effectuer cette mission qu’en rabaissant l’importance du comportement de futurs citoyens à celle d’une simple matière parmi d’autres, mais, plus grave, celle de la famille comme institution structurante qui, à force de se décharger sur l’école pour accomplir sa mission d’éducation voit aujourd’hui son incompétence reconnue au grand jour, et son illégitimité confirmée aux yeux des bambins, à être leur tuteur.
A Meaux, donc, un élève est mort après avoir été roué de coup par un groupe de camarades de sa classe. L’autopsie a montré que ce ne sont pas les coups qui ont provoqué la mort, mais la peur suscitée par ceux-ci, du fait d’une malformation, une veine trop petite qui a entraîné l’arrêt cardiaque.
Vous allez voir que ça va devenir de sa faute…
10:09 Publié dans Res Publica | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


Commentaires
Il y a beaucoup de vrai dans ce que tu dis, à force de se renvoyer la balle, plus personne n'assure l'arbitrage!
Ecrit par : mae | 24.12.2006
tu as raison, mais: sans chercher "la faute à qui", on peut affirmer que tout ça n'est ni une fatalité, ni le fait que certains seraient devenus plus méchants, ou bêtes, ou lâches, ou je ne sais quoi: il n'y a plus d'espoir dans nos sociétés dites "développées", plus d'espoir de trouver un boulot ,pour certains, ni de manger jusqu'à la fin du mois, de trouver un toit, bref de tout ce qui fait qu'on peut se sentir en équilibre, et bien entendu assurer l'éducation (au sens propre du terme) des enfants.dans une "vraie" démocratie, ce genre de faits se produirait-il?
Ecrit par : passagère | 25.12.2006
Au final le bilan est bien lourd...
Ecrit par : la_fee_bleue | 26.12.2006
bonne année
Ecrit par : luitne | 01.01.2007
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